Comme après une nuit

Charles Augustin Sainte-Beuve (1804–1869)

Notes et Sonnets

SONNETimité de Bowles

Comme, après une nuit de veille bien cruelle,Un malade en langueur, affaibli d’un long mal,Que n’a pas réjoui le doux chant matinalEt sa vitre égayée où frappe l’hirondelle,Se lève enfin, et seul, où le rayon l’appelle,Se traîne : il voit le ciel, l’éclat oriental,Les gazons rafraîchis et d’un vert plus égal,Les coteaux mi-voilés dans leur pente plus belle ;Quelque blancheur de nue argente l’horizon ;Tout près, distinctement, il écoute au buisson,Ou suit nonchalamment les bruits de la fontaine ;Et son front se ressuie, et son âne est sereine :Ainsi, douce Espérance, après l’âpre saisonTout mon cœur refleurit : j’ai senti ton haleine !