Sonnet à madame G.
Pensées d’août
SONNETà madame G.
Quæque gerit similes candida turris aves.
Martial.
« Non, je ne suis pas gaie en mes fuites volages,Autant qu’on croirait bien, disait-elle en jouant ;Je sens aussi ma peine, et pleurerais souvent ;Mais c’est que dans l’esprit j’ai beaucoup de passages. »Mot charmant qui la peint ! — Oui, de légers nuagesComme en chasse en avril une haleine de vent ;Des oiseaux de passage au toit d’un vieux couvent :Au front d’un blanc clocher, de blancs ramiers sauvages !Ô jeune femme, oubli, joie, enfance et douceur,Puisse du moins la Vie, ainsi qu’un dur chasseur,Ne pas guetter sa proie à l’ombre où tu t’abrites,
Ne traverser que tard le chaume de tes blés,Et, trouvant déjà haut les chantres envolés,N’ensanglanter jamais tes belles marguerites !