Jeunesse, amour, beauté (Leconte de Lisle, Premières poésies)
Jeunesse, amour, beauté, fleurs célestes et frêles,Vous dont l’éclat si doux et si tendre est, hélas !Si pareil à celui des roses d’ici-bas,Qu’une aube vous fait naître et mourir ainsi qu’elles…
Oh ! pourquoi vers les cieux ouvrir sitôt vos ailes ?Doux oiseaux, pourquoi fuir, au seul bruit de nos pas ?Restez, restez encor, ne vous envolez pas !Il est une âme pure, ô mes roses si belles,
Dont vos parfums légers voilent le front charmant,Un cœur plein d’harmonie et de grâce idéale,Qui garde vos reflets en son regard aimant ;
Jeunesse, amour, beauté, guirlande virginale,Faites la terre belle à ses candides yeux,Et qu’un ange, un moment, daigne oublier les cieux !