Avignon
L’Ardent voyage
Avignon.
Il suffira qu’ici je t’évoque,Nuit d’Avignon que Vénus parfume,Pour qu’aussitôt en moi se rallumeL’astre dansant de la belle époque.Dès que du haut des Doms catholiques,Les yeux baissés devers Villeneuve,Je reverrai miroiter le fleuve,Mon cœur battra de désirs physiques.
Avec l’aveu de la tour des AngesEt sous les pieds de l’immense Vierge,Je descendrai sur l’auguste bergeOù n’ancrent pas les bateaux étranges.Parmi ton calme en qui se nuancentLa majesté des hymnes papalesEt la douceur des voix provençales,Palpiteront les anciens silences.Dôme d’azur stellé d’émeraudes,Ton firmament est resté le même.Ce qui de toi me plaisait, je l’aime,Nuit d’Avignon aux courtines chaudes.Ce qui de toi me charmait m’enivre.Comme autrefois ton haleine inventeLa clarté grave et l’ombre émouvantePar qui mon rêve a voulu revivre.
Et devinant que je la rappelleDu clos de myrte ou l’amour flamboieS’élancera vers ma jeune joieLaïs antique et toujours nouvelle.