Correspondance de Gustave Flaubert — Tome 8-9 — 1670

Gustave Flaubert (1821–1880)

1670. À M***.

Paris, lundi matin [21 mai 1877].

Je te remercie bien, mon cher ami, pour la promptitude de ta réponse.

Je devais partir de Paris dimanche soir, mais comme je tiens à t’y voir, je recule mon départ jusqu’à mercredi. Dès ton arrivée, donne-moi rendez-vous et je me transporte à ton domicile illico.

Oui ! ils vont bien, les misérables ! Les folichonneries de notre Bayard moderne nuisent à tous les commerces ! celui de la littérature entre autres. La Librairie Charpentier, qui vend ordinairement 300 volumes par jour, en a vendu samedi dernier 5 ! — Quant à mon pauvre bouquin, il est complètement rasé. Je n’ai plus qu’à me frotter le ventre !

Le délabrement des affaires publiques s’ajoute à la tristesse de mes affaires privées. Tout est noir dans mon horizon. Je n’ai d’éclaircie que de ton côté et je compte sur toi en te serrant la main fortement.

Ton.