Le Cabaret de la dernière chance

Jack London (1876–1916)

Translated from English by Louis Postif

Je te trouve enfin, Loulou-la-négresse !Où donc étais-tu, ma belle maîtresse !— J’étais en prison,J’attendais ma rançon,Espérant sans cesseTon retour, beau garçon !

Passe à ton doigt ce mince anneau.C’est de l’or ; je t’en fais cadeau.Quand tu seras sur l’onde amère,Il te rappellera ta mère !

Ne nous abstenons pas.Car la vie et l’amourS’offrent à nous, ainsi que la nuit et le jourÀ des conditions, qui ne sont pas les nôtres.Accepte leurs faveurs tant que tu le peuxAvant d’être accepté par les vers…

Toutefois, si la vie ne te semble pas belleTu es libre d’y mettre un terme, quand tu voudrasSans craindre de te réveiller après la mort.

Ma jeunesse a crié dans la nuit :J’ai perdu tout le goût que je trouvais au monde,Car mes pieds ne pourront s’arrêter nulle part,Le matin empourpre le cielMais n’ose pas rester immobileParce qu’il doit remplir le monde de lumière.

Plus évanescent que la roséMon arc-en-del se déploie puis s’efface.Oui, je suis la Jeunesse puisque je meurs.