Don Juan — Chant troisième
Translated from English by Paulin Paris
Rispose allor’Margatte, a dir tel tostoIo non credo più al nero ch’all’azzurro ;Ma nel cappone o lesso o vuogli arrosto,E credo alcuna volta anco nel burro !Nella cervigia e quando io n’ho nel mosto,E molto più nel espro che il mangurro
Ma sopra tutto nel buon vino ho fede
E credo che sia salvo che gli crede.
I
O des arts le premier séjour,Iles de Grèce, îles de Grèce !Où Sapho chanta son ivresse,Où naquit le père du jour !Un été constant vous colore :Mais Phébus seul vous reste encore.
II.
Au nom des pères glorieuxDont la mémoire les accuse,
Aux chants de leur antique museVos fils restent silencieux :Et quand l’univers les admire,Seuls, ils n’osent plus les redire !
III.
Marathon domine les mersEt s’étend au bas des montagnes.Hier, rêvant dans ces campagnes,J’oubliais nos cruels revers ;Car, foulant aux pieds tant de braves,Je ne pouvais nous croire esclaves.
IV.
Un roi s’assit sur les rochersD’où l’on aperçoit Salamine :Là, méditant notre ruine,Il suivait ses flots de guerriers ;Il les comptait avant l’aurore,Et le soir étaient-ils encore ?
V.
Où sont-ils, où toi-même es-tu,O ma déplorable patrie ?Pour te rappeler à la vieMes accens n’ont pas de vertu.Oh ! pourquoi la lyre d’AlcéeDans mes mains est-elle tombée ?
VI.
Au moins, si j’ai perdu l’honneurEt si je suis dans l’esclavage,Je sens courir sur mon visageUne généreuse rougeur ;Au moins je pleure sur la GrèceQuand un lâche tyran l’oppresse.
VII.
Mais sur notre honte et nos mauxNe faut-il verser que des larmes ?Sparte autrefois courait aux armes :O terre ! rends-nous ses héros !
Que trois seuls réveillent nos villes,Et nous marchons aux Thermopyles !
VIII.
Mais tout reste silencieux !…Non ! — Les morts raniment leur cendre ;Les morts, les morts se font entendreComme un torrent impétueux !« Brisez, disent-ils, vos entraves !Venez !… » Et vous restez esclaves.
IX.
— « Versez-nous le vin de Samos ;Vous ! faites frémir d’autres cordes :Combattez, musulmanes hordes,Coulez pour nous, jus de Seos. »Voyez la soudaine allégresseQu’inspirent ces accens d’ivresse !
X.
Comme vos pères, au plaisirLa danse pyrrhique vous porte ;Mais de la pyrrhique cohorteN’avez-vous plus de souvenir ?Vos accens sont nobles et graves ;Conviennent-ils à des esclaves ?
XI.
— « Versez-nous le vin de Samos !C’est Bacchus seul qui nous inspire.Bacchus seul conduisait la lyreDu tendre vieillard de Téos ;Il servait et savait se taire. — »Ah ! du moins il servait un frère !
XII.
— « Ce Miltiade tant vantéDe la couronne fut avide… »— Mais le tyran de la TaurideProtégea notre liberté ;Il mit en fuite les barbares ;— Et vous, vous servez des Tartares !
XIII.
— « Versez-nous le vin de Samos ! »De Parga le rocher stérileEst désormais le seul asileDes dignes enfans des héros.Un jour ces guerriers intrépidesRappelleront les Héraclides.
XIV.
Parga ! Souli ! craignez les Francs !Ils ont des rois prêts à tout vendre :La Grèce ne doit rien attendreQue de ses généreux enfans.Craignez les Francs ! tous ils fléchissentSous des rois qui les avilissent.
XV.
— « Versez-nous le vin de Samos ! »— Nos filles dansent sous l’ombrage :Je vois à travers le feuillageLeurs contours si doux et si beaux ;Mais leur sein, digne des plus braves,N’allaitera que des esclaves.
XVI.
Que l’on me place au bord des flots :De Sunium je vois la plage,J’y veux mourir ; son nu rivageRecevra mes derniers sanglots.Traînez les chaînes que j’abhorre,Moi je meurs : je suis libre encore !
Era gia l’ora che volge’l disio,A naviganti e’ntenerisce il cuoreLo di ch’han detto a’dolci amici addio ;E che lo nuovo. Peregrin d’amorePunge, se ode squilla di lontanoChe paja’l giorno pianger che si muore.