Chanson d’amour
Festons et astragales
Allez au pays de Chine,Et sur ma table apportezLe papier de paille finePlein de reflets argentés !
Pour encre et pour écritoire,Allez prendre à l’AlhambraLe sang d’une mûre noireEt l’écorce d’un cédrat !
Au fond des vertes savanesOù l’oiseau pousse son cri,Ramassez dans les lianesLa plume d’un colibri !
Puis, pour sécher l’écriture,Par les prés et les sillons,Recueillez la poudre pureQui tombe des papillons !
— Alors, de ma main fidèle,Peut-être oserai-je, un jour,Tracer le doux nom de celleQui me fait languir d’amour.