Envoi

Marie d’Agoult (1805–1876)

Nélida

Envoi.

À vous, dont l’amitié fut sans partage, le dévoûment sans bornes, la fidélité sans défaillance ;

à Vous, esprit charmant, talent plein de rayons, douce présence qui dissipait tous mes ennuis ;

à Vous, enfant d’anxiété, fleur tardive épanouie au souffle des orages ;

à Vous, sérieux ami, dont la muse auguste s’est penchée sur mes jours de deuil ;

à Vous, étrangère par le sang, sœur par les liens sacrés de l’idéale famille ;

à Vous, sollicitude invisible et devinée, silencieuse constance, incomparable affection ;

à Vous, jeune poète à la parole de flamme qui m’avez crié : courage !

à Vous, cher noble cœur, étoile prophétique à mon ciel obscurci ;

à Vous tous, qui vous êtes si vaillamment jetés entre moi et mon destin sévère, et qui, aujourd’hui, contemplez joyeux à mon front la sérénité que vous y avez fait descendre.