Les rocs

Marie Krysinska (1857–1908)

Rythmes pittoresques

II

LES ROCS

À Jules Guérin.

Vous êtes pareils aux cœurs fiers en détresseÔ rocs dressés aux bords de cette mer implacable et tendre.Bleue, comme l’œil bleu des enfants : — tendre et implacable.

Quelles Résignations longuesOnt creusé le calme de vos grottes ? —Où dorment les pleurs stagnants dans les citernes. —En quelles inconjurables ColèresSe sont heurtées vos poitrines ?Et confondues ;Chaos croulantDe chairs sanglantes et d’ossements noircis

Pour quels Refuges d’âmes harasséesPour quels RefugesCes inexpugnables ChâteauxPosés sur vos fronts ainsi que des couronnes ?

Pour quels Refuges ces ChâteauxPlus forts que le Temps !

Cités endormiesSous l’aile arrêtée des Nuées !Quel monstrueux Népenthés vous versa ce Rêve ?Et quels souvenirs d’un Jadis avant les ÂgesVous font cette attitude de stupeur ?Auprès de la mer — tendre et implacable ?…

Monte-Carlo.