quatrième partie
L’histoire de Juliette
Sot Dieu tes jugemens sont pleins d’atrocités,Ton unique plaisir consiste à l’injustice :Mais j’ai tant fait de mal, que ta divinitéDoit par orgueil, au moins, m’arrêter dans la lice ;Foutu Dieu ! la grandeur de mon impiété,Ne laisse en ton pouvoir que le choix du supplice,Et je nargue les fruits de ta férocité.Si ta vaine colère attend que je périsse,Contente, en m’écrasant, ton desir monstrueux,Sans craindre que des pleurs s’écoulent de mes yeux.Tonne donc ! je m’en fouts ; rends-moi guerre pour guerre,Je nargue, en périssant, ta personne et ta loi ;
Et tel lieu de mon cœur que frappe ton tonnerre,Il ne le trouvera que plein d’horreur pour toi.
Foutre des Saints et de la Vierge,Foutre des Anges et de Dieu ;Sur eux tous je branle ma vergeLorsque je veux la mettre en feu.C’est toi que j’invoque à mon aide,Toi qui dans les culs d’un vit roide,Lançât le foutre à gros bouillons ;Du Chaufour soutiens mon haleine,Et pour un instant, à ma veine,Prête l’ardeur de tes couillons.
Que tout bande, que tout s’embrâse,Accourez putains et gîtons :Pour exciter ma vive extase,Montrez-moi vos culs frais et ronds :
Offrez vos fesses arrondies,Vos cuisses fermes et bondies,Vos engins roi des et charnus,Vos anus tous remplis de crottes ;Mais, sur-tout, déguisez les mottes,Je n’aime à foutre que des culs.
Fixez-vous, charmantes images,Reproduisez-vous sous mes yeux :Soyez l’objet de mes hommages,Mes législateurs et mes Dieux !Qu’à Giton l’on élève un temple,Où jour et nuit l’on vous contemple,En adoptant vos douces mœurs ;La merde servira d’offrandes,Les gringuenaudes de guirlandes,Les vits de sacrificateurs.
Homme, Baleine, Dromadaire,Tout, jusqu’à l’infâme Jésus :Dans les cieux, sous l’eau, sur la terre.Tout nous dit que l’on fout des culs.Raisonnable ou non tout s’en mêle ;En tous lieux le cul nous appelle,Le cul met tous les vits en rut,Le cul du bonheur est la voie,Dans le cul gît toute la joie,Mais, hors du cul point de salut.
Dévots, que l’enfer vous retienne,Pour vous seuls sont faites ses loix ;Mais leur faible et frivole chaîneN’a sur nos esprits aucun poids ;Aux rives du Jourdain paisible,Du fils de Dieu la voix horrible,Tâche en vain de parler au cœur :Un cul paraît, passe-t-il outre ?Non, je vois bander mon jean foutre.Et Dieu n’est plus qu’un enculeur.
Au giron de la sainte église,Sur l’autel même où Dieu se fait ;Tous les matins je sodomise,D’un garçon, le cul rondelet.Mes chers amis que l’on se trompe,Si de la catholique pompeOn peut me soupçonner jaloux :Abbés, prélats, vivez au large ;Quand j’encule et-que je décharge,J’ai bien plus de plaisir que vous.
D’enculeurs l’histoire fourmille,On en rencontre à tout moment ;
Borgia, de sa propre fille,Lime à plaisir le cul charmant.Dieu le père encule Marie,Le Saint-Esprit fout Zacharie,Ils ne foutent tous qu’à l’envers ;Et c’est sur un trône de fesses,Qu’avec ses superbes promesses,Dieu se moque de l’univers.
Saint Xavier, aussi ce grand sage,Dont on vante l’esprit divin ;Saint Xavier vomit peste et rage,Contre le sexe féminin.Mais le grave et charmant apôtre,S’en dédommageât comme un autre ;Interprétons mieux ses leçons.Si, de colère un con l’irrite,C’est que le cul d’un jésuite,Vaut à ses yeux cent mille cons.
Près de là, voyez Saint-Antoine,Dans le cul de son cher pourceau,En dictant les règles du moine,Introduire un vit assez beau.
À nuls dangers il ne succombe ;L’éclair brille, la foudre tombe,Son vit est toujours droit et long ;Et le coquin, dans Dieu le père,Mettrait, je crois, sa verge altière,Venant de foutre son cochon.
Cependant Jésus dans l’Olympe,Sodomisant son cher papa,Veut que Saint-Eustache le grimpe,En baisant le cul d’Agrippa.Et le jean-foutre à Madelaine,Pendant ce tems donne la peineDe lui chatouiller les couillons.Amis, jouons les mêmes farces :N’ayant pas de saintes pour garces,Enculons au moins des gitons.
O Lucifer ! toi que j’adore,Toi qui fais briller mon esprit ;Si chez toi l’on foutait encore,Dans ton cul je mettrais mon vit.Mais puisque par un sort barbare,L’on ne bande plus au Ténare ;Je veux y voler dans un cul :Là mon plus grand tourment, sans doute,
Sera de voir qu’un démon foute,Et que mon cul n’est point foutu.
Accable-moi donc d’infortunes,Foutu Dieu qui me fais horreur.Ce n’est qu’à des ames communesÀ qui tu peux foutre malheur.Pour moi je nargue ton audace ;Quand dans un cul je foutimasse,Je me ris de ton vain effort.J’en fais autant des loix de l’homme :Le vrai sectateur de SodomeSe fout et des Dieux, et du sort.
Hoc jacet in tumulo Lucretia nomine sedra,Thaïs Alexandri filia, sponsa, nurus.