Amour

Maurice Des Ombiaux (1868–1943)

La Ronde du Trouvère

AMOUR

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maître halluciné des âges chrétiens,Ô toi qui m’épouvantes en ta ferveur mystique,Prends mon cœur en ta puissante mainEt le sculpte ainsi qu’une église gothique.Tout d’abord fais surgir des boucs, des serpents,Des dragons, des hydres et des chimèresEt tous les monstres effrayantsQui font, autour des cathédrales, hurler la pierre.Puis d’une main plus calme, avec amour, cisèleLes portiques, les ogives et les chapiteaux,Fais courir de frêles et gracieuses dentellesAu faîte des murs et le long des arceaux.Répands à l’intérieur, sous les voûtes sonores,Où palpitent de longs échos de chants divins,

Des étendards brodés de pourpre et d’or.Sculpté en la grande nef un autel byzantinOù trônera, le front paré d’un diadèmeDe pierreries resplendissant,La Vierge douce et radieuse que j’aime,Pour qui fumeront les encensoirs d’argent.Et sur le calme azur, dans le campanileCiselé, ouvre comme un précieux joyau,Tu feras gazouiller ainsi qu’un chœur d’oiseauxLe carillon de ma folie.

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