La Complaisante

Maurice Rollinat (1846–1903)

L’Abîme

Le loup reprend son air fâchéQuand il est repu de charogne.Ainsi notre âme se renfrogneQuand elle est saoule du péché.

Car après l’infâme besogneOù son plaisir s’est pourléché,Le dégoût lui vient, remâchéPar la conscience qui grogne.

Mais nos vices sont les plus forts :Peu à peu, la rigide hôtesseAdmet nos crimes et nos torts,

Et sans colère, sans tristesse,Fait digérer par le remordsNos trop plein de scélératesse.