Les Délateurs

Maurice Rollinat (1846–1903)

L’Abîme

Pauvres hommes, soyez donc vrais !

Vos terriers du mal et du pireSe moquent de tous les furets,Car votre âme a plus de retraitsQue la caverne d’un vampire.

La conscience qui conspireA même pris vos intérêts ;

Vous trahir par des mots distraits ?Vous avez sur vous trop d’empire.

De vos limons les moins secretsPas une vapeur ne transpire.Donc votre fausseté respireEt s’endort devant son marais.

Mais ? Et ces deux fous indiscrets,Le Cauchemar et le Délire ?Vous oubliez qu’on peut vous lireDans leurs terribles à peu près.

Pauvres hommes, soyez donc vrais !