Les Magiciens

Maurice Rollinat (1846–1903)

L’Abîme

Bergère noire de l’étrangeQui mène son vague troupeauPar les chemins creux du tombeauEn filant à la terre un langeCouleur de crime et de corbeau,La Grande Nuit par qui tout changeRend l’amour fantastique et beau,Car elle entre dans cette fangeComme le vent dans un drapeau ;Elle s’y donne, s’y mélange,Et le mystère, son suppôt,

Sous les ténèbres de la peauFait éclore le mauvais ange…Mais brusquement le jour se vengeEt l’Amour redevient crapaud.