L’Horoscope
Les Névroses
L’HOROSCOPE
À Charles de Sivry.
Par un soleil mourant dans d’horribles syncopes,Mes spleens malsainsÉvoquaient sur mon cas les divers horoscopesDes médecins.Partout la solitude inquiétante, hostile,Où chaque trouAvait un mauvais cri d’insecte, de reptileEt de hibou.J’étais dans un chemin désert, tenant du gouffreEt du cachot,Où l’orage imminent soufflait un vent de soufreÉpais et chaud,Dans un chemin bordé de gigantesques haiesQui faisaient peur,Et de rocs mutilés qui se montraient leurs plaiesAvec stupeur.Et j’allais, consterné, songeant : « Mon mal empire ! »Tâtant mon pouls,Et rongé par l’effroi, par cet effroi vampireComme des poux ;
Quand soudain, se dressant dans la brume uniformeDevant mes pas,Un long Monsieur coiffé d’un chapeau haut de formeMe dit tout basCes mots qui s’accordaient avec la perfidieDe son abord :— « Prenez garde : car vous avez la maladieDont je suis mort. »