La Forme noire
Paysages et paysans
C’est le grand silence des nuitsAuquel, seul, le vent s’amalgame.Pleurant ses amoureux ennuis,Pas une chouette qui clame !Rien ! pas même un crapaud n’entameCe figement de tous les bruits.Une forme d’homme ou de femme,Tout le corps et les traits enfouisDans du noir, suit au long des buisLa rivière qui sent le drame.Ses pas fiévreusement conduitsDisent assez ce qu’elle trame.Sous les frissons d’ombre et de flamme,Coulant des cieux épanouis,Au milieu des joncs éblouisUne barque est là qui se pâme.L’inconnu saisit une rame,Sonde un endroit creux comme un puits,Se précipite… flac ! — Pauvre âme !L’eau se referme — plate — et puisC’est le grand silence des nuits.