Les Deux Mendiants

Maurice Rollinat (1846–1903)

Paysages et paysans

Reprenant leur chemin,Tête basse, une mainAu sac bossu qu’ils portent,Dans la cour, comme ils sortent,

Le petit pauvre épaisLorgne d’un œil mauvaisLe petit monsieur minceDont la bouche se pince.

Le vieux s’en aperçoit.« T’es jaloux ? Ya pas d’quoi !Fait-il, d’une voix douce :Entends-l’donc comme i’ tousse.

I’ cache un sang d’navetsSous tous ses beaux effets,Tandis q’toi, sans q’tu triches,

Tu fais rir’ vermillonsTous les trous d’tes haillons,Ça t’veng’ ben d’êt’ pas riche ! »