Une résurrection

Maurice Rollinat (1846–1903)

Paysages et paysans

Autrefois, un pauvre arbre, au coin d’une prairie,M’avait toujours frappé les yeuxPar son dénudé soucieuxEt par l’air écrasé de sa sommeillerie.

Or, après bien des ans, ce soir, je le retrouve.Et, c’est un ébahissementTout mêlé d’attendrissement.Comme un trouble ravi qu’à son aspect j’éprouve.

Car, maintenant, pour l’œil, le serpent de la sèveQui tette les rameaux, les étouffe et s’y tord,Le gui, lui rend la vie en aggravant sa mort !

Et l’arbre repommé, débrouillassé d’ennuis,Gaillardement vert jaune, orgueilleux se relève,Semblant tout revêtu d’un feuillage de buis.