Moi je ne suis qu’un pauvre sacristain

Max Elskamp (1862–1931)

Enluminures — Heures

Moi je ne suis qu’un pauvre sacristain.V

Moi je ne suis qu’un pauvre sacristainqui trouve déjà trop grand son village,et, dans son clocher, vit ciel et nuagesà sonner sa cloche et regarder loinl’hiver et l’été qu’ont les paysages,Passer les vaisseaux quand c’est le matin,et s’aller en foi, au long des chemins,les gens de chez moi en pèlerinage.

Or aux horizons de toutes les vies,mon cœur a trouvé celle à son souhait,dans le monde ici si pur et si fraisqu’on dirait que Flandre au loin se marie ;et les miens ici, les autres là-bas,aux villes qui rient, aux villes qui pleurent,paix vous soit du temps, paix vous soit des heures,Pour l’âme et le corps, les mains et les bras,car, heures des miens, à tous en partage,car, heures des miens, c’est un grand bonheurde vivre en trêve, pour le vrai labeur,ici de si bon et doux héritage.