À la lune

May Ziadé (1886–1941)

Fleurs de rêve

Au fond de ton palais fait d’azur et d’éther,Ô Lune languissante en ta pâle insomnie,À quoi donc rêves-tu, contemplatrice amieDont le large regard tombe mystique et clair ?

Quel est-il, dis-le moi, cet inlassable rêveQui sur ton front brillant jette un reflet blafard,Ce rêve qui te fait songer la nuit bien tard,Qui toujours recommence et ne jamais s’achève ?

Brille sans te lasser, bel Astre de la nuit,Brille pour consoler mes longues insomnies !J’aime tes clairs rayons et la brise qui fuitEt les pleurs langoureux des tristes harmonies…