Le « sort » fantasque qui me gâte à sa manière
Bonheur
X
Écrit en 1888.
Le « sort » fantasque qui me gâte à sa manière —M’a logé cette fois, peut-être la dernièreEt la dernière c’est la bonne — à l’hôpital !De mon rêve à ceci le réveil est brutalMais explicable par le fait d’une voleuse(Dont l’histoire posthume est, dit-on, graveleuse)Du fait d’un rhumatisme aussi, moindre détail ;Puis d’un gîte où l’on est qu’importe le portail ?J’y suis, j’y vis. « Non, j’y végète », on rectifie ;On se trompe. J’y vis dans le strict de la vie,Le pain qu’il faut, pas trop de vin, et mieux couché !Évidemment j’expie un très ancien péché(Très ancien ?) dont mon sang a des fois la secousse,Et la pénitence est relativement douceDans le martyrologe et sur l’armorialDes poètes, peut-être un peu proverbial.C’est un lieu comme un autre, on en prend l’habitude :À prison bonne enfant longanime Latude.
Sans compter qu’au rimeur, pour en parler, alors !Pauvre et fier, il ne reste qu’à mourir dehorsOu tout comme, en ces temps vraiment trop peu propices.Et mourir pour mourir. Muse qui me respices,Autant le faire ici qu’ailleurs, et même mieux,Sinon qu’ici l’on est tout « laïque », les vieuxAbus sont réformés et le « citoyen » libre !Et fort ! doit, ou l’État perdrait son équilibre,Avec ça qu’il n’est pas à cheval sur un pall !Mourir dans les bras du Conseil Municipal,Mal rassurante et pas assez édifianteConclusion pour tel, qu’un vœu mystique hanteMoi par exemple, j’en forme l’aveu sans fard,Me dût-on traiter d’âne ou d’impudent cafard,La conversation, dans ce modeste asile,Ne m’est pas autrement pénible et difficile !Ces braves gens, que le Journal rend un peu sots,Du moins ont conservé, malgré tous les assautsQue « l’Instruction » livre à leur tête obsédée ;Quelque saveur encor de parole et d’idée ;La Révolution, qu’il faut toujours citerEt condamner, n’a pu complètement gâterLeur trivialité non sans grâce et sincère.Même je les préfère aux mufles de ma sphèreCertes ! et je subis leur choc sans trop d’émoi.Leur vice et leur vertu sont juste à point pour moiLes goûter et me plaire en ces lieux salutaires(A comme moi) des espèces de solitaires,
Espèce de couvent moins cet espoir chrétien !Le monde est tel qu’ici je n’ai besoin de rienEt que j’y resterais, ma foi, toute ma vie,Sans grands jaloux, j’espère, et pour sûr, sans envie !Si, dès guéri, si je guéris, car tout se peut,Je n’avais quelque chose à faire, que Dieu veut.