Après les chants d’église et les airs militaires
Dédicaces
Après les chants d’église et les airs militairesPlus près d’être pareils qu’on ne croit en effet,Les uns vous péntétrant de délices austères,Les autres, feu puissant, clair, pur, dans les artères,Dès le premier soupir jusqu’au dernier chevet,
Après, dis-je, ces deux entières préférences.Ce que j’aime parfois en fait de bruit humainC’est l’instrument qu’un pauvre éveille sous sa main,Bruit humain, fait de cris et de lentes souffrancesDans le soleil couchant au loin d’un long chemin,
Rue ou roule, emplissant la banlieue et la villeDe son chant toujours triste en dépit du morceau :Est-ce espoir qui s’endort, est-ce révolte vile ?
Ah ! plutôt n’est-ce pas l’escorte qui défileDes rêves, revenus de la tombe au berceau
Et qui vont du berceau retourner à la tombe,Sans fin, sans lieu, soleil couchant jamais éteint,Rue ou route qu’un horizon d’automne étreint,Perpétuel, heure arrêtée, âme que plombeEt surplombe un ennui qu’on ignore et qu’on craint.