On finit par s’habituer
Dédicaces
On finit par s’habituerÀ la trahison de la femme :La vie est faite de la trameQu’elle tisse pour nous tuer.
Après un temps d’apprentissageOn ne saurait plus s’en passer ;D’abord on s’escrime à ruser,Puis c’est la fatigue, — et l’usage.
La colère cède à l’ennuiQui fait bientôt place à la presqueIndifférence moins grotesqueQue tel transport qui nous a nui.
Puis la confiance charmanteRevient, avec le correctif
D’à son tour se rendre fautifEt de tromper aussi l’amante
Qui vous pardonne s’il lui plaît.Mais tout cela c’est pitoyable !Il n’y a guère que le diablePour profiter d’un jeu si laid.
Bah ! mieux vaudrait sans tant d’embageSe fermer, sans plus biaiser,Les yeux d’un mutuel baiser.Car le plus fin c’est le plus sage.
Ou plutôt vieux comme je suisOu comme je commence à l’être,Il me siérait moins, tant c’est depuis !D’évoquer les anciens déduitsQue de penser au grand Peut-être.
La mort qui n’est pas loin de moi,Moins loin que tant de cœurs en fuite,Elle est fidèle, elle a ma foi,J’ai la sienne. Oh ! mourir plus vite
Que de cette vie au souciPerpétuel, sale besogne,Noire bourrelle sans merciQui vous flatte et vous trompe aussi.— Vite au charnier, vieille charogne !
D’autant plus vite que la souffrancePeut-être a suffi pour expierTels torts menus que t’ont fait payerLa Femme, — et tout ! pour plus d’assurance.
Et l’on verrait, lors, l’ancien pêcheurConformément aux seules PromessesSe reposer ès saintes liessesDe tant de mollesse et de langueur.