À Edmond Picard

Paul Verlaine (1844–1896)

Dédicaces

Puisqu’il n’est pas permis en ce libre paysQui pourtant fut la France et prétend encore l’être,De parler librement d’un homme libre et maîtreDe soi, d’un citoyen, d’un artiste, — obéis,

Poète, à ton idée, et faisons ébahis !Les sots et les puissants, — même chose peut-être, —En célébrant cet homme, un soldat ? Non. Un prêtre ?Non ! tout cela dans toi, Picard, qui ne trahis

Ni la foi politique (en ce siècle critiqueIl sied vraiment d’avoir une foi politique).Ni la foi littéraire, artistique qu’il faut

Avoir aussi pour consoler l’âme indignéeDes choses de la vie encor que résignéeEt pour laquelle on meurt aussi, car ce le vaut.