Les coquillages

Paul Verlaine (1844–1896)

Fêtes galantes (1891)

LES COQUILLAGES

Chaque coquillage incrustéDans la grotte où nous nous aimâmesÀ sa particularité.L’un a la pourpre de nos âmesDérobée au sang de nos cœursQuand je brûle et que tu t’enflammes ;

Cet autre affecte tes langueursEt tes pâleurs alors que, lasse,Tu m’en veux de mes yeux moqueurs ;Celui-ci contrefait la grâceDe ton oreille, et celui-làTa nuque rose, courte et grasse ;Mais un, entre autres, me troubla.