À Félicien Champsaur

Paul Verlaine (1844–1896)

Invectives

Champsaur, n’êtes-vous pas, dites, de mon avis,Et ne trouvez-vous pas ce monde bien immonde,Je crois qu’oui, n’en voulant pour preuve sans secondeQue le poivre et le sel où vous tenez confits,

Pour nos esprits charmés à qui c’est tous profits,Vos vers d’âpre ironie et l’amère facondeDe cette prose où sous l’allure franche et rondeSi souvent un sarcasme exquis nous a ravis.

Et vous avez raison, poète que vous êtes !Marinons nos chagrins et saurons nos dégoûtsEt servons-les bien froids ; c’est rendre coup pour coups

À l’étrange société qui de nos têtesVoulut faire son jeu de massacre et son but…— Petit bonhomme vit encore et lui dit : Zut !