Langueur
Jadis et naguère (1902)
IILANGUEUR
À Georges Courteline.
Je suis l’Empire à la fin de la décadence,Qui regarde passer les grands Barbares blancsEn composant des acrostiches indolentsD’un style d’or où la langueur du soleil danse.L’âme seulette a mal au cœur d’un ennui dense.Là-bas on dit qu’il est de longs combats sanglants.Ô n’y pouvoir, étant si faible aux vœux si lents,Ô n’y vouloir fleurir un peu de cette existence !Ô n’y vouloir, ô n’y pouvoir mourir un peu !Ah ! tout est bu ! Bathylle, as-tu fini de rire ?Ah ! tout est bu, tout est mangé ! Plus rien à dire !Seul, un poème un peu niais qu’on jette au feu,Seul, un esclave un peu coureur qui vous néglige,Seul, un ennui d’on ne sait quoi qui vous afflige !