À la louange de Laure et Pétrarque

Paul Verlaine (1844–1896)

Jadis et naguère (1902)

SONNETS ET AUTRES VERS

À la louange de Laure et de Pétrarque.

Chose italienne où Shakspeare a passéMais que Ronsard fit superbement française,Fine basilique au large diocèse,Saint-Pierre-des-Vers, immense et condensé,Elle, ta marraine, et Lui qui t’a pensé,Dogme entier toujours debout sous l’exégèseMême edmondschéresque ou francisquesarceyse,Sonnet, force acquise et trésor amassé,Ceux-là sont très bons et toujours vénérables,Ayant procuré leur luxe aux misérablesEt l’or fou qui sied aux pauvres glorieux,Aux poètes fiers comme les gueux d’Espagne,Aux vierges qu’exalte un rythme exact, aux yeuxÉpris d’ordre, aux cœurs qu’un vœu chaste accompagne.