« Le bruit des cabarets, la fange des trottoirs »

Paul Verlaine (1844–1896)

La Bonne Chanson (1902)

Le bruit des cabarets, la fange des trottoirs,Les platanes déchus s’effeuillant dans l’air noir,L’omnibus, ouragan de ferraille et de boues,Qui grince, mal assis entre ses quatre roues,Et roule ses yeux verts et rouges lentement,Les ouvriers allant au club, tout en fumantLeur brûle-gueule au nez des agents de police,Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse,Bitume défoncé, ruisseaux comblant l’égout,Voilà ma route — avec le paradis au bout.