L’ombre des arbres dans la rivière embrumée
Romances sans paroles (1891)
IX
Le rossignol qui du haut d’une branche se regarde dedans, croit être tombé dans la rivière. Il est au sommet d’un chêne et toutefois il a peur de se noyer.
(Cyrano de Bergerac.)
L’ombre des arbres dans la rivière embruméeMeurt comme de la fumée,Tandis qu’en l’air, parmi les ramures réellesSe plaignent les tourterelles.Combien, ô voyageur, ce paysage blêmeTe mira blême toi-même,Et que tristes pleuraient dans les hautes feuilléesTes espérances noyées !
Mai, Juin, 1872.