Poème 188
Les Amours (1553)
Quelle langueur ce beau front deshonore ?Quel voile oscur embrunit ce flambeau ?Quelle palleur despourpre ce sein beau,Qui per à per combat avec l'Aurore ?
Dieu medecin, si en toi vit encoreL'antique feu du Thessale arbrisseau,Las ! pren pitié de ce teint damoiseau,Et son lis palle en oeillets recolore.
Et toi, Barbu, fidele gardienDes Rhagusins, peuple Epidaurien,Deflame aussi le tison de ma vie :
S'il vit, je vi, s'il meurt, je ne suis riens :Car tant son ame à la mienne est unieQue ses destins seront suivis des miens.