Ta forme est un éclair
Études et Préludes (1901)
Ta forme est un éclair qui laisse les bras vides,Ton sourire est l’instant que l’on ne peut saisir…Tu fuis, lorsque l’appel de mes lèvres avidesT’implore, ô mon Désir !Froide comme l’Espoir, ta caresse cruelleMeurtrit sans assouvir ; il n’en reste en effetQue l’éternelle faim et la soif éternelleEt l’éternel regret.
Tu frôles sans étreindre, ainsi que la ChimèreVers qui tendent toujours tes vœux inapaisés…Rien ne vaut ce tourment ni cette extase amèreDe tes rares baisers !