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Stefan Zweig (1881–1942)

Émile Verhaeren, sa vie, son œuvre

Moines venus vers nous des horizons gothiques.Mais dont l’âme, mais dont l’esprit meurt de demain…Mes vers vous bâtiront de mystiques autels.

Le siècle et son horreur se condensent en ellesMais leur âme contient la minute éternelle.

Mets en accord ta force avec les destinéesQue la foule, sans le savoir,Promulgue, en cette nuit d’angoisse illuminée.

Dites, les rythmes sourds dans l’univers entier !En définir la marche et la passante imageEn un soudain langage ;................Prendre et capter cet infini en un cerveau,Pour lui donner ainsi sa plus haute existence.

Lassé des mots, lassé des livres,..........Je cherche, en ma fierté,L’acte qui sauve et qui délivre.

Vers la beauté toujours plus ....les volsVers la beauté toujours plus claire et plus certaine.

......Réunir notre esprit et le mondeDans les deux mains d’une très simple loi profonde.

La vie est à monter et non pas à descendre.

Il faut admirer tout pour s’exalter soi-mêmeEt se dresser plus haut que ceux qui ont vécu.

Je suis d’accord avec moi-même.Et c’est assez.

Les temps viendront où, pour apparaître avec quelque crédit devant les hommes, il sera nécessaire de justifier qu’on fut un homme soi-même.

Les grands courants qui traversent tout ce qui vitÉtaient, avec leur force, entrés dans son esprit,Si bien que, par son âme isolée et profonde,Ce simple avait senti passer et fermenter le monde.

« Was weinst du, Sturm ? — Hinab, Erinnerungen !dort pulst im Dunst der Weltstadt zitternd Herz !Es grollt ein Schrei von Millionen Zungennach Glück und Frieden : Wurm, was will dein Schmerz !Nicht sickert einsam mehr von Brust zu Brüstenwie einst die Sehnsucht, als ein stiller Quell ;heut stöhnt ein Volk nach Klarheit, wild und gell,und du schwelgst noch in Wehmutslüsten ?« Siehst du den Qualm mit dicken Fäusten drohndort überm Wald der Schlote und der Essen ?Auf deine Reinheitsträume fällt der Hohnder Arbeit ! fühl’s : sie ringt, von Schmutz zerfressen.Du hast mit deiner Sehnsucht blos gebuhlt,in trüber Glut dich selber nur genossen ;schütte die Kraft aus, die dir zugeflossen,und du wirst frei vom Druck der Schuld ! »