Le Sacre
Au jardin de l’infante
Notre-Dame annonçait l’apothéose prêteAvec la voix d’airain de ses beffrois jumeaux ;Au loin les grands canons grondaient, et les drapeauxSe gonflaient, frissonnants, sous l’orgueil de la fête.L’Empereur s’inclina, les mains jointes, nu-tête,Et le Pape apparut, dans l’éclat des flambeaux,Tenant entre ses doigts étincelants d’anneauxLa couronne portant la croix latine au faîte.
Mon fils ! dit le pontife… alors l’orgue se tut.Sur tous les fronts baissés un seul frisson courut,Comme le battement soudain d’une aile immense ;Et l’on n’entendit plus, ô César triomphant,Dans la nef où planait un auguste silence,Qu’une vieille à genoux qui pleurait son enfant.