« La bataille commença »
III
La bataille commença.Comment ? Par un doux sourire.Elle me dit : — Comme ça,Vous ne voulez pas m’écrire ?— Un billet doux ? — Non, des vers.— Je n’en fais point, répondis— je. —Ainsi parfois de traversLe dialogue voltige.Après le sourire vintUn regard, oh ! qu’elle est fière !Moi, candidat quinze-vingt,Je me dis : Elle est rosière.Et je me mis à songerÀ cent vertus, rehausséesPar mes mauvaises penséesD’adolescent en danger.Je me taisais, cela passePour puissance et profondeur.Son sourire était la grâce,Et son regard la pudeur.Ce regard et ce sourireM’entraient dans l’âme. Soudain,Elle chanta. Comment direCe murmure de l’Éden,
Cette voix grave, touchante,Tendre, aux soupirs nuancés !…— Quoi ! m’écriai-je, méchante,Vous achevez les blessés !
16 août.