« Un jour, le morne esprit, le prophète sublime »

Victor Hugo (1802–1885)

Les Contemplations

Un jour, le morne esprit, le prophète sublimeQui rêvait à Patmos,Et lisait, frémissant, sur le mur de l’abîmeDe si lugubres mots,

Dit à son aigle : Ô monstre ! il faut que tu m’emportes.Je veux voir Jéhovah. —L’aigle obéit. Des cieux ils franchirent les portes ;Enfin, Jean arriva ;

Il vit l’endroit sans nom dont nul archange n’oseTraverser le milieu,Et ce lieu redoutable était plein d’ombre, à causeDe la grandeur de Dieu.