Aux prêtres
Les Quatre Vents de l’esprit — Le Livre satirique
Il sied de ressembler aux dieux. Ton Dieu, flamine,Dévore ses enfants ; ton Dieu, mage, extermine ;Augure, ton Dieu ment ; uléma, ton Dieu metLa terre sous le sabre impur de Mahomet ;Ton Dieu, Rome, est l’agneau, mais il tette la louve ;Ô noir dominicain qui rêves, ton Dieu trouveAgréable l’odeur infâme des bûchers ;D’affreux temples, ayant pour prêtres des bouchers,Sont l’habitation de ton Dieu, corybante ;Brahmine, ton Dieu sombre aime la nuit tombante ;Rabbin, ton Dieu maudit la race de Japhet,Et cloue au fond du ciel le soleil stupéfait ;Sabaoth est cruel, Jupiter est immonde,Et pas un Dieu ne sait comment est fait le monde ;Les peuples ont le choix pour fléchir le genouEntre le monstre Asgar et le monstre Vishnou ;Ce Dieu brait, celui-là rugit, celui-ci beugle ;C’est pourquoi l’idéal de l’homme est d’être aveugle,Ténébreux, vil, féroce, ignorant, odieux,Afin d’être aussi près que possible des dieux.