La Demoiselle
Odes et Ballades
ODE SEIZIÈME.LA DEMOISELLE.
Un rien sait l’animer ; curieuse et volage,Elle va parcourant tous les objets flatteurs,Sans se fixer jamais, non plus que sur les fleursLes zéphyrs vagabonds, doux rivaux des abeilles,Ou le baiser ravi sur des lèvres vermeilles.
André Chénier.
Quand la demoiselle doréeS’envole au départ des hivers,Souvent sa robe diaprée,Souvent son aile est déchiréeAux mille dards des buissons verts.Ainsi, jeunesse vive et frêle,Qui, t’égarant de tous côtés,Voles où ton instinct t’appelle,Souvent tu déchires ton aileAux épines des voluptés.
Mai 1827.