Au coucou
Translated from English by François Chatelain
AU COUCOU.
Joyeux nouveau venu ! m’éjouis de t’entendreGentil Coucou, tappelerai-je oiseau,Ou seulement une voix tendreQui vient jouter avec l’écho ?
Tandis que suis gîsant sur la pelouse verteJ’entends ta voix qui deux fois fait coucou,Alerte et toujours plus alerte,De près, de loin, on ne sait d’où.Bien qu’avec le vallon ne causant, c’est notoire,Que du printemps, des fleurs et du soleil,Tu m’apportes toute une histoireD’un songe… ou plutôt d’un réveil.Sois trois fois bien-venu ! favori de la terre !Vois-tu pour moi tu n’es pas un oiseau,Mais une voix, mais un mystèreQui happe mes sens à nouveau ;Comme en ces jours lointains où j’étais à l’école,Lorsque ce cri : Coucou ! coucou ! coucou !Me faisant perdre ma boussolePour toi courrais le guilledou.Pour te trouver souvent j’ai perdu patience..À travers bois toi tu m’apparaissaisToujours à l’état d’espérance,Toujours entrevu — vu jamais !Et je t’écoute encor sur la pelouse verteEt je bénis toujours ta voix Coucou !Tandis que ma mémoire alerteAvec mon passé fait joujou.Oh ! bienheureux oiseau ! quand s’entend ton cantique,Notre « Ici bas » par lui rendu joyeux,Redevient un palais féerique,Et nous pouvons rêver des cieux !