« Osons tout et disons nos sentiments divers »
Suite de Joseph Delorme
XISONNET
Osons tout et disons nos sentiments divers :Nul moment n’est plus doux au cœur mâle et sauvageQue lorsqu’après des mois d’un trop ingrat servage,Un matin, par bonheur, il a brisé ses fers.La flèche le perçait et pénétrait ses chairs,Et le suivait partout : de bocage en bocageIl errait. Mais le trait tout d’un coup se dégage :Il le rejette au loin, tout sanglant, dans les airs.Ô joie ! ô cri d’orgueil ! ô liberté rendue !Espace retrouvé ! courses dans l’étendue !Que les ardents soleils l’inondent maintenant !Comme un guerrier mûri que l’épreuve rassure,À mainte cicatrice ajoutant sa blessure,Il porte haut la tête et triomphe en saignant.