À une belle chasseresse
Suite de Joseph Delorme
VIRONDEAU
À UNE BELLE CHASSERESSE.
Doux Vents d’automne, attiédissez l’amie !Vaste Forêt, ouvre-lui tes rameaux !Sous les grands bois la douleur endormie,En y rêvant, souvent calma ses maux.Aux maux plus doux tu fus hospitalière,Noble Forêt ! ici vint La Vallière ;Ici Diane, en ces règnes si beaux ;Et la charmille éclatait aux flambeaux.La chasse court, le cerf fuit, le cor sonne :Pour prolonger ce que l’ombre pardonne,Vous ménagiez le feuillage aux berceaux,Doux Vents d’automne.Ô ma Beauté, n’y soupirez-vous pas ?Pourquoi ce cri vers le désert sauvage ?Sur son coursier la voila qui ravageRocs et halliers, et franchit tous les pas.Cœur indompté, l’air des bois l’aiguillonne,L’odeur des pins l’enivre. Ah ! c’est assez ;Quand la forêt la va faire amazone,Soufflez sur elle et me l’attiédissez,Doux Vents d’automne.