Grammaire des arts du dessin

Charles Blanc (1813–1882)

DONT SE COMPOSE LA GRAMMAIRE DES ARTS DU DESSIN

ET QUI ONT ÉTÉ DÉVELOPPÉES DANS CET OUVRAGE

AU LECTEUR

Principes.

I.

Du sublime et du beau

II.

De la nature et de l’art

III.

Grandeur et mission de l’art

IV.

De l’imitation et du style

V.

Du dessin et de la couleur

VI.

De la figure humaine

VII.

Des proportions du corps humain

VI.

Origine et caractère des arts du dessin

VI.

Résumé des idées générales qui ont été énoncées dans ce qui précède et qui seront développées dans ce qui suit

LIVRE PREMIER

Architecture.

I.

L’architecture est l’art de construire selon les principes du beau

II.

La beauté dans l’architecture répond à une idée de devoir

III.

À la beauté de l’architecture sont liées deux autres qualités indispensables :la convenance et la solidité

IV.

À ces trois termes : convenance, solidité, beauté, correspondent trois opérations de l’architecture : le plan, la coupe et l’élévation

V.

Le sublime de l’architecture tient à trois conditions essentielles : la grandeur des dimensions, la simplicité des surfaces, la rectitude et la continuité des lignes

VI.

Le sacrifice de l’une des trois dimensions est un élément de grandeur dans l’architecture

VII.

Divers sentiments s’attachent à la grandeur dans les diverses dimensions de l’architecture

VIII.

Les différents peuples, suivant leur génie, ont accusé dans l’architecture leur préférence pour l’une ou l’autre des trois dimensions

IX.

La sévérité des sentiments que l’architecture inspire est en raison de la prédominance des pleins sur les vides

X.

Proportion, caractère, harmonie, telles sont les trois conditions générales du beau dans l’architecture

XI.

En dehors des conditions générales du beau, qui sont inviolables, l’architecture varie et doit varier selon le climat, les matériaux et la configuration du sol

XII.

L’architecture varie suivant la forme et le caractère des supports et des parties supportées

XIII.

La variété des supports étant commune à plusieurs architectures, il convient de les distinguer entre elles par la forme et le caractère des parties supportées, et, quelle que soit la diversité de ces parties distinctives, on peut les ramener à deux systèmes principaux : la plate-bande et l’arc

XIV.

Les formes de l’architecture, dans tous les systèmes, ont différentes origines ; elles sont engendrées ou par les nécessités de la construction, ou par le besoin d’une expression poétique, ou par l’imitation de la nature.

XV.

L’architecture monumentale en plate-bande exprime les idées de calme, de fatalité et de durée

XVI.

Les Grecs, résumant l’architecture orientale des premiers âges, ont trouvé les principes de la plate-bande, en ont fixé les lois et en ont réduit le système à trois variétés qu’on appelle les trois ordres

XVII.

Dans l’ordre dorique, les proportions sont mâles, les formes sont indicatives de la construction, les accents de la solidité tiennent lieu d’ornement

XVIII.

Dans l’ordre ionique, les proportions sont élancées, les formes sont expressives, les images de la flexibilité et de la grâce remplacent les accents de la résistance et de la force

XIX.

Dans l’ordre corinthien, les proportions sont très élancées, les formes sont imitatives, les caractères de la magnificence et de la richesse sont substitués à la sévérité de l’ordre dorique et à la délicatesse de l’ordre ionique

XX.

Aux trois ordres se rattachent quelques variétés qui en sont dérivées, et que l’on a improprement appelées des ordres en les désignant sous les noms d’ordre toscan, d’ordre composite et d’ordre cariatide

XXI.

Le seul emploi des ordres et des nuances qui les séparent ne suffit pas à donner leur caractère et leur beauté aux monuments de l’architecture en plate-bande ; il y faut encore le concours de tous les autres membres de l’édifice

XXII.

Le caractère et la beauté des trois ordres varient suivant le plan de l’édifice où on les emploie, et suivant le nombre, la disposition et l’espacement des colonnes

XXIII.

D’autres conditions sont nécessaires à la beauté des trois ordres : le choix du site, l’assiette et l’orientation du monument et son harmonie avec la nature environnante

XXIV.

L’architecture monumentale en arc répond aux idées de hardiesse, de liberté et d’équilibre

XXV.

Au double point de vue de l’art et de l’histoire, les nombreuses variétés de l’arc, qui elles-mêmes engendrent les variétés de la voûte, se réduisent à trois principales, qui sont le plein-cintre, l’arc outre-passé et l’ogive

XXV.

00000Le plein-cintre

XXV.

00000Style byzantin

XXV.

00000Style roman

XXV.

00000L’arc outre-passé. - Style arabe

XXV.

00000L’ogive. - Style gothique

ANNEXE AU LIVRE PREMIER

Jardins.

XXVI.

À l’architecture se rattache l’art de dessiner les jardins, dont l’objet est d’introduire l’ordre dans les libres créations de la nature pour y ménager les plaisirs de la vue, du sentiment et de l’esprit

LIVRE DEUXIÈME

Sculpture.

I.

La sculpture est l’art d’exprimer des idées, des sentiments ou des caractères par l’imitation choisie et palpable des formes vivantes

II.

La sculpture est un puissant moyen d’éducation publique, parce que ses créations éternisent parmi les hommes la présence d’une beauté supérieure dans les formes visibles et tangibles qui manifestent l’esprit

III.

La sculpture peut s’élever au sublime lorsque, par des figures colossales et conformes au génie de l’architecture elle éveille l’idée d’une durée éternelle et le sentiment de l’infini

IV.

L’art du sculpteur consiste à élever la vérité individuelle jusqu’à la vérité typique, et la vérité typique jusqu’à la beauté, en cherchant dans la vie réelle les accents de la vie générique et idéale

V.

La sculpture a deux manières de représenter les objets : le bas-relief et la ronde-bosse

VI.

La modération du mouvement et la sobriété du geste sont les premières lois de la statuaire

VII.

La loi du mouvement varie et doit varier selon les matières employées par le sculpteur

VII.

00000La terre

VII.

00000Le bois

VII.

00000La pierre

VII.

00000Le marbre

VII.

00000Le bronze

VII.

00000L’or et l’ivoire

VIII.

L’emploi des statues comme membres d’architecture modifie la loi du mouvement dans l’art statuaire

IX.

La convenance du geste ou de l’attitude et le caractère des formes sont les plus grands moyens d’expression dans l’art statuaire

IX.

00000La convenance du geste ou de l’attitude

IX.

00000Le caractère des formes

IX.

00000Le front, la chevelure

IX.

00000L’œil, la bouche

IX.

00000L’oreille, la joue

IX.

00000Le cou, la gorge

IX.

00000La poitrine

IX.

00000Le ventre, le nombril

IX.

00000Le dos, les hanches

IX.

00000Les cuisses, les jambes, les bras

IX.

00000Les extrémités

X.

Le sculpteur généralise le vêtement par la draperie et particularise la figure par les attributs

XI.

En ce qui touche le costume moderne, lorsqu’il est inévitable, le sculpteur tient compte des convenances historiques, des dimensions de la statue, et de la place qu’elle occupera

XII.

Pour les animaux comme pour la figure humaine, le sculpteur peut et doit préférer à la vérité individuelle la vérité typique

XIII.

La sculpture en bas-relief, étant un art de convention, obéit à d’autres lois que la statuaire : elle est plus libre dans le choix de ses mouvements ; elle est moins assujettie à la réalité palpable ; elle arrive à la vérité par d’heureux mensonges

XIII.

00000Le haut-relief

XIII.

00000Le demi-relief

XIII.

00000Le bas-relief

XIV.

La polychromie naturelle, celle que produit le mélange de plusieurs matières, peut convenir à la sculpture, mais non la polychromie artificielle.

XV.

Il importe au sculpteur de posséder la tradition des différents styles qui ont régné dans l’art, et qui sont comme les idiomes de la langue qu’il doit parler

XV.

00000Style égyptien

XV.

00000Style grec

XV.

00000Style romain

ANNEXE AU LIVRE DEUXIÈME

Glyptique.

I.

À la sculpture en bas-relief se rattache la glyptique, c’est-à-dire l’art de graver en relief ou en creux sur pierres fines ou sur métaux

Gravure en pierres fines.

II.

L’art de graver en pierres fines comporte des variations ou du moins des nuances dans la composition et l’exécution des figures, selon la matière mise en œuvre par le graveur

III.

C’est la loi dominante de la gravure en pierres fines, qu’il y faut conserver en petit le sentiment de la grandeur, par le sacrifice des parties sans importance, à la vérité ressentie des traits et des accents caractéristiques

Gravure en médailles.

IV.

La gravure en médailles veut un style laconique et concentré qui abrège le modelé des formes et n’en donne que l’essence

LIVRE TROISIÈME

Peinture.

I.

La peinture est l’art d’exprimer toutes les conceptions de l’âme au moyen de toutes les réalités de la nature, représentées sur une surface unie dans leurs formes et dans leurs couleurs

II.

Sans avoir pour but ni l’utilité ni la morale, la peinture est capable d’élever l’âme des nations par la dignité de ses spectacles, et de moraliser les hommes par ses visibles enseignements

III.

La peinture a des limites que l’imitation matérielle peut restreindre, mais que la fiction recule et que l’esprit seul peut agrandir

IV.

IV. Bien que la peinture soit l’art expressif par excellence, elle n’est pas confinée dans le caractère ; elle peut concilier l’expression avec la beauté en idéalisant ses figures par le style, c’est-à-dire en retrouvant la vérité typique dans les individualités vivantes

V.

La peinture peut s’élever au sublime, mais plutôt par l’invention du peintre que par les moyens propres à son art

VI.

La spécialité des moyens propres à la peinture s’impose à l’artiste dès le moment où il invente son sujet et en conçoit la première image

VII.

Le premier moyen pour le peintre d’exprimer sa pensée est l’ordonnance.

VIII.

Bien que le peintre qui compose son tableau doive absolument connaître les lois de la perspective et s’y soumettre, l’observation même de ces lois comporte une part nécessaire faite au sentiment

IX.

Soit que le peintre cherche sa composition en se bornant à la dessiner, soit qu’il colorie son esquisse, il n’entre dans l’expression qu’en définissant, par le dessin, l’attitude, le geste ou le mouvement de chaque figure

X.

Quand la composition est une fois arrêtée, quand les gestes et les mouvements ont été prévus, le peintre consulte le modèle pour donner de la vraisemblance à son idéal et du naturel aux formes qui doivent l’exprimer

XI.

L’artiste, après avoir vérifié les formes qu’il a choisies, achève, par la lumière et par la couleur, l’expression morale et la beauté optique de sa pensée

XII.

Le clair-obscur ayant pour but non seulement de mettre les formes en relief, mais de répondre au sentiment que le peintre veut exprimer, obéit aux convenances d’une beauté morale aussi bien qu’aux lois de la vérité naturelle

XIII.

Le coloris étant ce qui distingue plus particulièrement la peinture des autres arts, il est indispensable au peintre de connaître les lois de la couleur dans ce qu’elles ont d’essentiel et d’absolu

XIII.

00000Loi des couleurs complémentaires

XIII.

00000Le blanc et le noir

XIII.

00000Le mélange optique

XIII.

00000La vibration des couleurs

XIII.

00000Couleur de la lumière

XIV.

Le caractère de la touche, c’est-à-dire la qualité de l’exécution matérielle, est pour le peintre un dernier moyen d’expression

XV.

Certaines convenances de la peinture varient et doivent varier suivant que l’œuvre peinte a un caractère intime ou décoratif, et selon la nature des surfaces que l’artiste est appelé à couvrir

XIII.

00000Peinture à fresque

XIII.

00000Peinture à la cire

XIII.

00000Peinture en détrempe

XIII.

00000Plafonds et coupoles

XIII.

00000Peinture à l’huile

XIII.

00000Peinture au pastel

XIII.

00000Peinture en émail

XIII.

00000Peinture à gouache et aquarelle

XIII.

00000Miniature

XIII.

00000Peinture encaustique

XVI.

Bien que le domaine du peintre s’étende à la nature entière, il existe dans son art une hiérarchie fondée sur la signification relative ou absolue, locale ou universelle de ses œuvres

XVII.

Les différents genres de peintures appartiennent au mode inférieur ou au mode supérieur, suivant que l’imitation ou le style y jouent le premier rôle

XVII.

00000Le paysage

XVII.

00000Les animaux

XVII.

00000Les batailles et les chasses

XVII.

00000Le portrait

ANNEXE AU LIVRE TROISIÈME

Gravure.

I.

À la peinture se rattache la gravure, qui est l’art de retracer, en creux sur le métal ou on relief sur le bois, un dessin dont on peut tirer des empreintes

II.

L’art du graveur est soumis à certaines lois générales, bien qu’il existe des convenances particulières pour chacun des divers genres de gravure

Gravure en taille-douce.

III.

Quelque importants que soient dans la gravure en taille-douce le choix et la conduite des travaux, le graveur doit se préoccuper avant tout de rendre, par un dessin juste et expressif, le caractère du modèle qu’il veut graver

Gravure à l’eau-forte.

IV.

La gravure à l’eau-forte, quand elle n’est pas une préparation pour la taille-douce, doit être généralement exécutée sans régularité apparente, avec des traits librement conduits et rarement croisés, qui, ne couvrant pas toute la planche, laissent jouer un rôle à la blancheur du papier

Manière noire, aqua-tinte.

V.

La manière noire étant dépourvue de fermeté, le graveur doit en corriger la mollesse en attaquant les lumières d’une main vigoureuse et résolue, à moins qu’il n’ait à rendre un effet vaporeux

XVII.

00000Aqua-tinte, gravure à la manière du crayon

Gravure en bois, camaïeu.

VI.

La gravure en bois n’étant pas susceptible de produire les nuances délicates de la taille-douce, doit s’attacher de préférence à des travaux sobres, qui, par le laconisme de leur expression, prêtent de la grandeur, même aux plus petits ouvrages

XVII.

00000Gravure en camaïeu, gravure en couleurs

Lithographie.

VII.

À la gravure, se rattache la lithographie, qui est l’art de tracer directement sur la pierre un dessin dont on peut tirer des empreintes

XVII.

00000Conclusion