Sonnet (« Pour le surnaturel éclat des cheveux blonds »)
Le Coffret de santal
Pour le surnaturel éclat des cheveux blonds,Pour la neige du cou, l’aurore de la bouche,Je rêve une peinture où, frêle, chaque toucheSoit un sourire, prix d’efforts fervents et longs.
Le fond, ciel de septembre où le soleil se couche,Serait de saphirs bleus, de rubis vermillons.Ma palette serait l’aile des papillonsEt mes pinceaux des brins de huppe d’oiseau mouche.
Je graverais d’abord avec un diamant,En traits fins, le sourcil, l’œil, la joue et l’oreille,Conque rose écoutant mes vers malignement.
Puis la poussière d’or et de nacre, pareilleAux éclairs de l’émail, au velours du pastel,Teinterait ce portrait, pâle auprès du réel.