Correspondance de Gustave Flaubert — Tome 4 — 0698

Gustave Flaubert (1821–1880)

698. À SA NIÈCE CAROLINE.

Croisset, 4 décembre 1861.

Ce ne sera pas pour ce soir, mon Caro, que je t’écrirai une longue lettre, parce qu’il est une heure du matin, et depuis hier 2 heures d’après-midi, heure où Monseigneur est arrivé, nous nous sommes reposés en tout quatre heures. Nous nous sommes couchés à 3 heures, et à 9 heures du matin, nous étions à la besogne. Aussi ce soir ai-je besoin de dormir.

Je crois que mon chapitre ira assez rondement. Mais j’ai des corrections importantes à faire à celui que je viens de finir, et je vais les expédier pendant l’auguste présence de Monseigneur.

Tu ne m’as pas dit ce que Maisiat avait trouvé de tes portraits ?

M Lebret est venue aujourd’hui me faire une visite. Elle n’a aucune nouvelle de son neveu. L’avez-vous vu ?

Avez-vous été chez M Cloquet ?

Comment avez-vous trouvé mon logement ?

Tu peux dire à ta bonne maman qu’elle n’a plus d’autres ouvriers dans la maison que les élagueurs.

Avez-vous reçu la boîte mise au chemin de fer par moi samedi dernier ?

Soigne bien ta vieille compagne, mon pauvre Caro. Songe qu’elle n’a que toi pour l’entourer d’attentions et de douceurs, et que tu dois être son bâton de vieillesse.

Adieu. Embrasse-la pour moi qui te bécote sur tes bonnes joues fraîches.

Ton vieil oncle.