Correspondance de Gustave Flaubert — Tome 5 — 0731

Gustave Flaubert (1821–1880)

731. À MADEMOISELLE AMÉLIE BOSQUET.

[Croisset] Mercredi [fin juillet-début d’août 1862].

Je pars sans avoir pu vous dire adieu. Accepterez-vous mes excuses, chère confrère ? Mais nous comptions un peu sur votre visite.

Tenez-moi au courant de votre roman et, si vous voulez que je le lise en manuscrit, envoyez-le-moi à Paris, car il est peu probable que je revienne au mois de septembre à Croisset.

Je n’ai encore aucune nouvelle de Salammbô ! Dès que le marché sera fait, je vous en préviendrai, puisque vous vous intéressez à ce lourd colis.

Vous m’avez semblé, la dernière fois que nous nous sommes vus, en bien bonnes dispositions. Continuez ; vous aurez, un jour, votre succès.

Quant à moi, je suis sec comme un caillou et vide comme un cruchon sans vin.

Pensez à moi quelquefois, et croyez à la profonde affection de votre

G. F.