Le Rishi
Le Parnasse contemporain — 1869
Dans la sphère du nombre & de la différence,Enchaînés à la vie, il faut que nous montions,Par l’échelle sans fin des transmigrations,Tous les degrés de l’être & de l’intelligence.
Grâce, vie infinie, assez d’illusions,Depuis l’éternité ce rêve recommence.Quand donc viendra la paix, la mort sans renaissance ?N’est-il pas bientôt temps que nous nous reposions ?
Le silence, l’oubli, le néant qui délivre,Voilà ce qu’il me faut ; je voudrais m’affranchirDu mouvement, du lieu, du temps, du devenir ;
Je suis las, rien ne vaut la fatigue de vivre,Et pas un paradis n’a de bonheur pareil,Nuit calme, nuit bénie, à ton divin sommeil.