Chanson tendre

Marie Krysinska (1857–1908)

Joies errantes

Laissons gémir le Vent d’HiverPuisqu’un Soleil plus empourpréQue les Soleils de JuilletFlambe dans nos cœurs qui se parlent de tout près.Laissons neiger les éphémères fleursDes pommiers poudrés de Printemps ; —Un Avril éternel fleurit nos chers bonheurs.Laissons défaillir les feuillages accablésPar la chaude étreinte de l'Été ; —Une langueur plus exquise nous retient enlacés.Laissons pleurer le Ciel d’AutomnePuisque des pleurs d’extase baignent nos yeux ravis,Et que plus tendrement encore nous unitLa trois fois chère Mélancolie.