À Fontainebleau (ronde)
Poèmes incongrus
À FONTAINEBLEAURONDE
Un soir, à Fontainebleau,Une carpe centenaire,Sortant sa tête de l’eau.Dit : — C’est extraordinaire,Dites-moi donc qui je vois,Carpillons, carpillonnettes,Dites-moi donc qui je voisSe promener près du bois ?— C’est peut-être un roi puissantQui vient près de nous, grand’mère,Se reposer en passantDes fatigues de la guerre !— Si c’était un puissant roi,Carpillons, carpillonnettes,Si c’était un puissant roi,Il aurait beau palefroi !
— C’est peut-être un empereur…Voyez son regard célesteEt son front plein de candeur,Comme il est simple et modeste !— Si c’était un empereur,Carpillons, carpillonnettes,Si c’était un empereur !Il aurait garde d’honneur !C’est un prince, pour le moins,Favori de la fortune,Il vient ici sans témoinsRêver au clair de la lune !— Non, car un prince du sang,Carpillons, carpillonnettes.Non, car un prince du sangSerait d’or éblouissant !— Plus de prince, d’empereur,Ni de roi… joie éphémère !Il est parti, quel malheur !Le reverrons-nous, grand’mère ?— Ne vous désolez pas tant,Carpillons, carpillonnettes.Ne vous désolez pas tant,Car c’est notre président !