Le Blafard

Maurice Rollinat (1846–1903)

L’Abîme

Quand on nous dit : « Vous êtes pâle ! »Aussitôt un trouble nous vient,Et nos traits perdant leur maintienFoncent encor leurs tons d’opale.

N’aurait-on pas le cœur plus mâleSi l’on ne se reprochait rien ?Quand on nous dit : « Vous êtes pâle »Aussitôt un trouble nous vient.

Car c’est le vice qui nous hâle,Nous ne le savons que trop bien :De là l’angoisse qui nous tient.Nous sentons plus près notre râleQuand on nous dit : « Vous êtes pâle. »